L'Italie: la fin

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Au printemps 1918, l'Allemagne a retiré ses troupes afin de les utiliser pour l'imminente offensive du printemps sur le front ocidental. Le commandement autrichien cherche les moyens de mettre fin à la guerre en Italie. Il suspend les attaques en attendant le printemps 1918 et prépare une offensive qui aurait dû les emmener dans la plaine vénitienne. La fin de la guerre contre la Russie permet de déplacer vers l'ouest une partie des armées employées sur le front oriental. Entre le 23 Mars et le 11 Avril, six des onze divisions alliées (4 françaises et 2 anglaises) qui étaient arrivées en Italie à l'automne 1917 sont rappelées sur le front français. De plus l'Italie envoie le IIe Corps d'armée en France sous le commandement du général Albricci. Le moment semble propice pour la monarchie des Habsbourg de lancer une offensive. Par contre, il existe un fort antagonisme entre les deux maréchaux Von Hotzendorf et Boroevic. L'archiduc Joseph-Auguste d'Autriche décide de mener une attaque dans deux directions avec une soxiantaine de divisions éprouvées par des années de combat. La bataille du Piave est une opération qui va se dérouler en Juin 1918 dans le Nord de l'Italie. Alors que l'offensive allemande du printemps s'achève par un échec, c'est au tour des Austro-Hongrois de jouer leur va-tout. Constatant eux-aussi que le rapport de force miitaire bascule en leur défaveur,ils mettent tous leurs espoirs dans une offensive majeure sur le Piave. Pis encore, les Austro-Hongrois doivent faire face à leurs ennemis de l'Entente sans leur allié allemand. C'est avec une rage au coeur presque fataliste que le Haut-commandement austro-hongrois donne le feu vert à cette action ultime. Mal lui en prit, car elle se concluera par une défaite de l'armée austro-hongroise, dont c'est la dernière offensive majeure au cours de la guerre.
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Sus au Szent Istvan
Peu de temps avant le début de l'offensive finale austro-hongroise, la marine italienne a donné une gifle sévère au moral des militaires austro-hongrois en torpillant le cuirassé Szent Istvan au large de Zadar, le 10 Juin 1918. Ce dreadnaught a été lancé en 1912 et était basé en Croatie. Ce navire, ainsi que son frère de chantier, le Tegetthoff, constituait une menace pour tous les navires alliés opérant dans l'Adriatique, ainsi que pour les ports italiens. Le 10 Décembre 1917, deux vedettes lance-torpilles italiennes patrouillaient près de l'île de Premula afin de draguer des mines ennemies. Peu avant l'aube, une sihouette se présente: la barge armée Wien. La vedette commandée par le capitaine Luigi Rizzo réussit à torpiller la barge. Six mois plus tard, les deux mêmes navires italiens patrouillent dans le même secteur mais se retrouvent nez à nez avec le Tegetthoff et le Szent Itzvan.
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Le cuirassé va couler
La première vedette attaque le Tegetthoff, mais sans succès: une torpille touche le navire sans exploser et l'autre n'est jamais sorti du tube... Le petit navire italien parvient à s'esquiver rapidement en évitant les tirs austro-hongrois. Entre-temps, l'autre vedette toujours commandée par Rizzo envoie ses torpilles sur le Szent Istvan le 10 Juin vers 3H00: deux coups au but sur son coté tribord. Le système électrique du cuirassé est neutralisé. Les deux vedettes italiennes se replient hors de portée à la faveur de la nuit, pendant que le Tegetthoff tire des obus de petit calibre dans toutes les directions. Le navire est sérieusement avarié en prend rapidement l'eau. Les pompes ne suffisent plus à étaler. Les tourelles du navire furent pointées vers babord (la gauche) dans un effort pour rétablir l'assiette, mais en vain. Le capitaine ordonne l'abandon du cuirassé qui va chavirer et couler, tuant 89 marins. Fait à noter, la naufrage a été filmé par les marins du Tegetthoff, et il demeure le premier de trois documents navals montrant la perte d'un navire de ligne – les deux autres naufrages en direct seront les cuirassés Barham et Arizona, coulés en 1941. Suite à la perte du Szent Istvan, le patron de la marine austro-hongroise, l'amiral Horthy, ordonne aux navires de retourner dans le port de Pula où ils resteront à quai jusqu'à la fin de la guerre. L'arrivée des deux vedettes lance-torpilles italiennes a été célébrée dans l'allégresse. Le capitaine Rizzo a été décoré et déclaré héros national. Après la guerre, le film du naufrage du Szent Istvan sera présenté dans les salles de cinéma en Europe et en Amérique pour récolter des fonds pour la Croix-Rouge.
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Sur la Piave
Le 15 Juin 1918, les Austro-Hongrois, qui combattent à présent seuls contre les Italiens après le retrait des forces allemandes sur le front occidental, lancent ce qui sera la bataille du Piave. Quelque 58 divisions sont engagées dans la grande attaque dans le nord de l'Italie, destinée à prendre les Italiens en tenailles. Le général Franz Conrad von Hötzendorf, qui opère dans la région du Trentin, reçoit l'ordre de prendre Vérone, tandis que le général Borojevic von Bojna doit traverser le Piave et gagner l'Adige et la ville de Padoue. Pour faire diversion, les Austro-Hongrois lancent une attaque de diversion sur le col de Tonale dans le nord de l'Italie.
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Le général Diaz au moment de sa prise de commandement – Artilleurs italiens
Encore une fois, les Alliés étaient bien renseignés des intentions austro-hongroises. L'interception des communications, les propos des déserteurs faits prisonniers, ainsi que la reconnaissance aérienne confirment le danger au nord de la Piave. Fort heureusement, l'armée italienne s'était donnée un nouveau commandant en chef en la personne du général Amando Diaz, qui entreprend une refonte rapide de la hiérarchie militaire. L'arrivée de renforts américains, britanniques et français a permis autant un meilleur entraînement qu'un meilleur encadrementdes unités italiennes. Celles-ci percevaient que la victoire était peut-être à portée de main, mais son moral demeurait fragile suite au désastre de Caporetto. L'appui aérien commence à se faire sentir au-dessus de la ligne de front. Des raids aériens ont été menés à plusieurs reprises contre les positions austro-hongroises par des escadrilles italiennes et britanniques. Les unités alliées entreprennent de se positionner à l'avant, mais à l'extrême limite de la portée des canons ennemis, afin de faire bouger l'ennemi et l'obliger à se commettre dans une direction identifiable. La tactique alliée utilisée ressemblera en gros à celle utilisée par Pétain sur le front occidental: céder un peu de terrain, endiguer les assauts, et contre-attaquer avec des forces supérieures. Cependant, la topographie du front italien va, encore une fois, gêner les mouvements des belligérants: traverser un col de montagne ou une rivière en crue exigera beaucoup d'énergie de la part des soldats – surtout lorsqu'il faut haler les canons ou porter des blessés...
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Arrivée de renforts américains – Tanks britanniques Mark V
Les unités austro-hongroises disponibles en 1918 n'ont plus le moral pour livrer combat. Elles sont soit sous-dotées en personnel, sous-équipées, et plusieurs ont des problèmes de discipline reliés à leur composition multinationale. Le spectre de la défaite certaine ne les motivent plus autant à garder leur cohésion. Qu'importe! L'ordre est venu de passer à l'offensive. Les Les attaques sont loin de remporter le succès prévu. Dans le nord, les Xe et XIe armées de Hötzendorf sont arrêtées le deuxième jour de leur avancée ; elles subissent ensuite les puissantes contre-attaques des IVe et VIe armées italiennes qui comptent plusieurs unités britanniques et françaises. Les Austro-Hongrois, contraints de battre en retraite essuient 40,000 pertes humaines dont 18,400 tués.
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Soldats austro-hongrois – Un blessé austro-hongrois est rescapé – Boroevic en 1918
À l'est, les Austro-Hongrois qui font diversion autour du Piave sur un large front. Leurs Ve et Modèle:Ive armées gagnent 4 km sur un front de 24 km avant de buter contre les défenses des IIIe et VIIIe armées italiennes. Les combats dans ce secteur se poursuivent pendant plusieurs jours. Les Austro-Hongrois gagnant du terrain avant une contre-attaque le 18 qui les oblige à se replier. Le 19 Juin, le célèbre as de l'aviation italien Francesco Baracca trouva la mort alors qu'il effectua une mission de harcèlement avec la 91e Squadriglia au-dessus des positions autrichiennes.
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Mortier lourd italien de 210mm – Partout des morts sur les petites routes
L'offensive autro-hongroise se désagrège, en partie en raison du mauvais temps et des attaques aériennes italiennes qui affaiblissent leurs lignes de communication et rendent difficiles les ravitaillements. Le 22 Juin, les Austro-Hongrois sont en déroute et doivent battre en retraite sur le Piave. Leurs pertes humaines s'élèvent à 150,000 hommes dont 24,000 prisonniers. Cependant, le chef d'état-major général italien, le général Diaz, décide de ne pas poursuivre l'ennemi; il préfère renforcer ses troupes jusqu'en octobre pour une offensive décisive. Les Alliés ont encaissé le choc et endigué l'ennemi avec grand succès. L'ennui majeur est que cette victoire n'est pas suivie d'une contre-offensive. La bataille du Piave n'est suivie d'aucune contre-offensive ce qui irrite les Alliés de l'Italie. L'armée italienne a encore une fois subi de lourdes pertes et une offensive générale est jugée trop risquée. Le nouveau chef d'état-major Diaz décide d'attendre jusqu'à ce que de nouveaux renforts arrivent du front occidental. En 1918, l'Italie a finalement assez de troupes – et de soutien allié – pour lancer une offensive.
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Doughboys le long de la Piave – Les Italiens entrent à Trento
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Vittorio Veneto
Le 23 Octobre 1918, c'est au tour des Italiens de vouloir en finir, dans ce qui deviendra la bataille de Vittorio Veneto. Avec l'aide de leurs alliés, ils alignent 57 divisions, dont trois britanniques et deux françaises, qui disposent de 7700 pièces d'artillerie. Les Austro-Hongrois, dont le moral est déjà sérieusement entamé, déploient 52 divisions équipées de 6030 pièces d'artillerie. Le commandement italien a bien étudié le plan qui ne prévoit pas d'attaques frontales mais un coup concentré sur un point unique afin de rompre le front. Le point choisi est Vittorio Veneto où la 5e et la 4e Armée autrichienne se conjuguent. L'offensive commence par une manœuvre de diversion, la 4e Armée italienne commence une attaque sur Grappa afin d'y attirer la majorité des renforts autrichiens. La crue du Piave contraint ce front à l'inaction, les Autrichiens croient que l'attaque de la 4e Armée est l'attaque principale et ils continuent à combattre de toutes leurs forces. Elle s'engage bien pour les Austro-Hongrois, qui freinent l'avancée de la VIIIe armée italienne alors qu'elle tente de traverser le Piave. Cependant, la XIIe armée, commandée par le général français Jean Graziani, réussit à prendre pied sur la rive austro-hongroise du Piave, tout comme la 10e Armée du général britannique, le comte de Cavan. Le 28 Octobre, les deux têtes de pont sont consolidées et les forces franco-britanniques exploitent leurs gains.

La contre-offensive alliée d'Octobre 1918
Les Américains sont également de la partie durant la bataille. Ils constituent des unités de réserve dont le rôle initial était d'entraîner les Italiens et de les relever. Les doughboys dont déployés dans plusieurs réseaux de tranchées près des rives de la Piave. La plupart appartiennent à la 33ème Division d'infanterie. Lorsque la bataille de Vittorio Veneto sera bien engagée, ces renforts américains traversent le fleuve Tagliamento pour être acheminés sur certains points chauds.
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Italiens évacuant leurs blessés – Les prisonniers austro-hongrois affamés
Le 30 Octobre, les soldats britanniques, français et italiens continuent d'avancer sur les Austro-Hongrois. Ils parviennent à prendre Vittorio-Veneto, séparant ainsi en deux les forces austro-hongroises dans le nord de l'Italie. Après une semaine d'affrontements, l'offensive permet une avancée de 25 km sur un front de 55 km. Il est clair que les forces austro- hongroises se désintègrent. Les troupes italiennes atteignent la ligne sur le Tagliamento le 2 Novembre, tandis que les Britanniques et les Français dans le Trentin, progressent rapidement vers Trente. Les combats s'arrêtent officiellement le 3 Novembre. Les Austro-Hongrois ont perdu 300 000 hommes, morts, blessés ou faits prisonniers, tandis que les pertes italiennes sont de l'ordre de 38,000 hommes dont 9000 tués. La guerre sur le front italien prend fin officiellement le 4 Novembre par la signature d'un armistice entre l'Italie et l'Autriche-Hongrie, au quartier-général italien à Padoue.
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La Villa Guisa reçoit les plenépotentiaires austro-hongrois – Ouvriers en grève à Bellinzone en Novembre 1918
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