Sus à Richthofen

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Aucun pilote allemand de la Première Guerre mondiale n'a aquis la renommée légendaire du Baron Manfred Von Richthofen. Le nom évoque pour certains les combats chevaleresques entre les premiers pilotes de chasse de l'histoire militaire. Pour d'autres, il incarne le reître au regard précis qui livre une guerre d'usure et très impersonnelle contre un ennemi à vaincre. Cet émule d'Oswald Boelke a entrepris d'organiser des escadrilles de chasse qui ont repris la maîtrise du ciel en 1917 avec 80 victoires confirmées, il est l'as des as de cette guerre. Hauptmann dans la célèbre Jasta 11, il volait dans son Fokker Triplan Dr1 rouge vif, ce qui lui valut son surnom. Il voyageait de ville en ville avec ce qu'il appelait son cirque volant, c'est-à-dire les avions de son escadrille touts peints de couleurs différentes. Mais au printemps 1918, la fortune des armes allait se retourner contre lui.
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Pilote hors du commun
Il excelle dans la tactique et le combat aérien. Avant la fin de 1916, il pilote un Albatros D.II. Durant l'été 1916, pour son 18e succès, il reçoit la médaille Ordre Pour le Mérite, la plus haute distinction dans l'armée allemande à l'époque. Ce n'est qu'en septembre 1916 qu'il change d'appareil pour passer sur le triplan qui le rendra célèbre, le Fokker Triplan Dr1. Le 23 Novembre 1916, il tue l'as britannique, Lanoe Hawker. Durant le seul mois d'Avril 1917, il abat 20 avions britanniques portant son total à 52 appareils ennemis. En Juillet de la même année, il est sévèrement touché à la tête. Il est rescapé par dans soldats allemands dans une tranchée de la Somme. Cette blessure lui laisse des séquelles, son comportement change et il souffre de nausées et de maux de tête. En 1918, Richthofen est devenu une légende. Les dirigeants allemands craignent que sa mort, en quelque sorte inévitable s'il continue à piloter, ne produise un effet néfaste sur le moral des troupes et de la population allemande. Malgré les pressions, il refuse de partir à la retraite alors que d'autres tombent sur le champ de bataille. Avide de reprendre l'air, l'as allemand se comporte comme ses adversaires alliés Barker, Fonck et Chapman.
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Richthofen (assis dans l'avion) avec les membres de son escadrille - Manfred et Lothar Von Richtofen
Le dernier vol
Le 21 Avril 1918, après avoir décollé du terrain de Cappy avec neuf autres pilotes dont son cousin Wolfram von Richthofen, dont c'était l'une des premières missions, son escadrille rencontra les Sopwith Camel de l'escadrille 209 de la Royal Air Force. Le jeune lieutenant canadien Wilfrid May vit que Wolfram von Richthofen restait, comme lui, à l'écart de la bataille, et le prit en chasse. Voyant son cousin menacé, Manfred von Richthofen poursuivit à son tour Wilfrid May, dont la mitrailleuse s'était enrayée et qui cherchait à son tour à s'éloigner au plus vite. C'était généralement la technique habituelle de Richthofen de rechercher les avions en difficulté puis de les prendre en chasse. Cependant il prenait aussi soin, depuis des années, de ne pas aller au-dessus des lignes ennemies, ce qu'il fit pourtant ce jour-là. On suppose qu'il était peut-être plus fatigué que d'habitude, ou bien que la bataille aérienne s'était insensiblement déplacée vers l'ouest, au-dessus des lignes alliées.
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Son Fokker DR-1 – RIchthofen en convalescence
Voyant le triplan de Manfred von Richthofen en train d'attaquer May, le capitaine Arthur Roy Brown, autre pilote canadien, décida de le poursuivre à son tour, et bientôt les trois avions se trouvèrent à très basse altitude juste à l'ouest de la zone morte entre les deux fronts. Durant cette poursuite, les trois avions volaient si bas que le biplan de May a évité de justesse le clocher d'une église. Brown se plaça à 60 mètres sur l'arrière du triplan et ouvrit le feu. Richthofen cessa alors sa poursuite, mais il semble qu'il ait alors mal évalué sa position exacte, car quand il fit demi-tour pour revenir vers la zone allemande, il survola l'une des portions les mieux défendues de la Somme. Brown envoie une seconde rafale vers le triplan qui vascille doucement avant de se poser presque intact dans un secteur tenu par les Britanniques. De retour sur son terrain, Brown est halé hors de son avion par ses camarades jubilants: tu l'as eu, tu l'as eu! Certains témoins affirmèrent que Richthofen était mort aux commandes, d'autres disent que le pilote était encore vivant et succomba à ses blessures plusieurs minutes après, non sans avoir soupiré Kaputt (foutu) en désignant son avion.
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La célèbre poursuite – Le tirs proviennent aussi du sol
Tous ces faits sont remis en question et les véritables circonstances de la mort de Richtofen demeurent floues. Bien que Brown ait été fêté pour sa victoire, le Baron Rouge aurait pu être abattu par les tirs venus du sol, dont ceux de la mitrailleuse légère Lewis su regent Evans ou encore par les soldats australiens, dont le mitrailleur Cedric Popkin, qui firent feu sur le triplan de l'Allemand. Bien que le tir qui lui fut fatal n'ait jamais été attribué officiellement, Arthur Roy Brown et les mitrailleurs australiens situés au sol revendiquèrent cette victoire. En 1999, des historiens ont ré-étudié les circontances de sa mort avec un appareillage géodésique plus sophistiqué, et ils ont déterminé que le Baron Rouge a bel été tué par une seule balle de calibre .303 tirée du sol et dans un angle correspondant aux positions des tranchées australiennes.
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Le pilote poursuivant: Roy Brown – Le pilote poursuivi par Richtofen: Wilfrid May
Les funérailles
Cependant, dès que la nouvelle de la mort de l'as allemand s'est répandue comme une trainée de poudre dans les rangs alliés, l'officier en charge, le Major David Blake, suggérait déjà que le baron avait été tué par une mitrailleuse au sol au vu des blessures constatées lors de l'autopsie. Avec l'accord des hautes instances militaires, Blake prépara alors des funérailles complètes par respect pour l'as. Manfred von Richthofen fut enterré au cimetière du village de Bertangles près d'Amiens, avec les mêmes honneurs militaires que les pilotes alliés, le 22 Avril 1918, à proximité du lieu où son avion s'était posé. Les aviateurs britanniques ont lâché une couronne de fleurs sur le terrain d'aviation allemand présumé de sa base. Elle contenait une copie du rapport d'autopsie, quelques photos, ainsi que des coupures de journaux concernant les obsèques. L'État-major allemand ainsi que la presse allemande ont apprécié de geste de galanterie.Après la fin de la guerre, sa dépouille fut enterrée au cimetière de Wiesbaden, en Allemagne, où reposent d'autres membres de sa famille.
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Premières funérailles de Von Richthofen –- La queue du triplan récupérée comme trophée
Fait à noter, la première tombe de von Richthofen se trouvait donc située immédiatement à droite à l'entrée du cimetière de Bertangles. Mais en 1919 le cercueil de Von Richtofen est transféré au Cimetière Militaire Allemand de Fricourt, toujours dans la Somme. En 1925 la famille Richtofen confie à son jeune frère, Bolko, la mission de faire rapatrier le cercueil en Allemagne. Après l'autorisation de la France, son cercueil passe le Rhin le 16 Novembre 1925 et est accueilli par une foule recueillie à Kehl. Le cercueil est alors conduit à l'Invalidenfriedhof, l'équivalent de l'Hôtel des Invalides à Berlin. Mais il se retrouve alors dans le secteur Est de l'ancienne capitale du Reich et craignant que la tombe ne soit plus entretenue le fils de Bolko, Hartman, effectue des démarches auprès des autorités de l'Allemagne de l'Est. Au printemps 1975 l'autorisation est enfin donnée pour le transfert de la sépulture et Von Richtofen est enterré à Wiesbaden dans le caveau familial auprès de sa mère et de sa grand mère.
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